Vendre son bien parisien depuis l’étranger : le guide complet
Vivre à Londres, Genève, New York ou Dubaï tout en possédant un appartement à Paris est une situation de plus en plus fréquente. Et lorsque vient le moment de vendre, une question revient toujours : faut-il revenir en France pour mener la vente ?
La réponse est non. Vendre son bien parisien depuis l’étranger est tout à fait possible, à condition d’anticiper trois sujets : la signature, la fiscalité et la gestion à distance.
Voici notre guide complet pour vendre sereinement, sans vous déplacer.

Préparer la vente à distance
Une estimation précise, même à des milliers de kilomètres
Les estimations en ligne donnent une première indication. Mais elles ignorent ce qui fait la valeur d’un bien de prestige : l’étage, la vue, l’état de l’immeuble, la qualité de la rénovation.
Une visite approfondie sur place, suivie d’un échange en visioconférence appuyé sur des ventes comparables, permet de fixer un prix juste et de décider sereinement à distance.
Un interlocuteur unique
À distance, multiplier les intermédiaires complique tout. Un interlocuteur dédié permet de centraliser :
- Un seul jeu de clés
- Un calendrier de visites coordonné
- Un compte rendu après chaque visite
Les documents à réunir
La plupart des pièces peuvent être obtenues sans votre présence :
- Les diagnostics obligatoires (DPE, mesurage Carrez, état des risques, et selon le bien amiante, plomb, électricité, gaz)
- Les documents de copropriété (règlement, procès-verbaux d’assemblée générale, pré-état daté)
- Votre titre de propriété et les factures de travaux, utiles pour réduire la plus-value imposable
Une présentation soignée
Un appartement inoccupé se présente souvent moins bien. Un ménage approfondi, quelques retouches et un home staging léger font la différence.
Des photos professionnelles et une visite virtuelle permettent ensuite de sélectionner les acquéreurs les plus sérieux avant même la première visite.
Signer sans se déplacer
Une vente immobilière se signe en deux temps : l’avant-contrat (compromis ou promesse de vente), puis l’acte authentique chez le notaire, environ trois mois plus tard.
Aucune de ces deux étapes n’exige votre présence physique.
L’avant-contrat
Il peut le plus souvent être signé par signature électronique, où que vous soyez dans le monde.
L’acte authentique : la procuration
Le jour de la vente, un mandataire signe en votre nom, souvent un collaborateur de l’étude notariale. Il vous suffit d’établir une procuration, selon l’une de ces trois solutions :
- Par visioconférence avec le notaire français, grâce à la procuration notariée à distance
- Auprès du consulat de France de votre pays de résidence
- Devant un notaire local, avec une apostille ou une légalisation selon le pays
La procuration à distance est souvent la plus simple : elle se signe depuis chez vous, sans formalité supplémentaire.
Le bon réflexe
Une procuration établie à l’étranger demande en général deux à quatre semaines. Préparez-la dès la signature de l’avant-contrat, sans attendre l’approche de l’acte définitif.

Paris VIII Saint Honoré – Appartement familial 146m² avec vue sur jardins privés. Prix 2 070 000 € HAI
La fiscalité du vendeur non-résident
C’est le point qui surprend le plus nos clients expatriés. Un appartement qui était votre résidence principale tant que vous viviez à Paris ne l’est plus après votre départ.
En principe, la plus-value devient donc imposable. Elle est calculée et prélevée par le notaire le jour de la vente, directement sur le prix.
Les taux en 2026
La plus-value est soumise à 19 % d’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent des prélèvements sociaux dont le taux dépend de votre régime de sécurité sociale :
- 7,5 % si vous êtes affilié à la sécurité sociale d’un pays de l’Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni, soit 26,5 % au total
- 17,2 % dans les autres cas, soit 36,2 % au total
- Une surtaxe de 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value imposable
Bonne nouvelle : la plus-value est réduite par des abattements pour durée de détention. Elle est totalement exonérée d’impôt sur le revenu après 22 ans, et de prélèvements sociaux après 30 ans.
À noter : le projet de budget 2027, en discussion au Parlement depuis le 1er octobre 2026, ne modifie pas à ce stade la taxation des plus-values immobilières des non-résidents.
Un exemple concret
Un appartement acheté 1 200 000 € il y a douze ans est revendu 1 700 000 €.
Après les forfaits légaux pour frais et travaux et les abattements pour durée de détention, l’impôt total s’élève à environ 44 600 € pour un vendeur affilié à un régime européen, suisse ou britannique, et environ 64 300 € dans les autres cas.
Les exonérations à connaître
L’ancienne résidence principale. Si vous vendez le logement que vous occupiez avant votre départ, la plus-value est totalement exonérée à deux conditions :
- La vente est signée au plus tard le 31 décembre de l’année suivant votre départ
- Le logement n’a été ni loué ni prêté entre-temps
Vous êtes parti en 2025 ? L’acte doit être signé avant le 31 décembre 2026. Avec trois mois entre le compromis et l’acte, mieux vaut mettre en vente au moins six mois avant l’échéance.
L’exonération de 150 000 €. Si le délai est dépassé, les ressortissants européens ayant vécu au moins deux ans en France peuvent être exonérés dans la limite de 150 000 € de plus-value par vendeur, sous conditions.
Cet avantage n’est accordé qu’une fois et ne se cumule pas avec le précédent.
Le représentant fiscal
Lorsque la plus-value est imposable, un représentant fiscal accrédité doit en principe être désigné. Vous en êtes dispensé dans les cas suivants :
- Vous résidez dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen
- Le prix de vente ne dépasse pas 150 000 €
- La plus-value est totalement exonérée grâce à la durée de détention
Pour un vendeur installé aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suisse ou aux Émirats, il est donc presque toujours nécessaire. Anticipez-le dès le compromis : le notaire ne peut pas signer l’acte sans lui.
Et dans votre pays de résidence ?
Votre pays de résidence peut aussi prendre en compte cette plus-value. La convention fiscale signée avec la France prévoit le plus souvent un mécanisme pour éviter la double imposition.
Un échange avec votre conseiller fiscal local, avant la vente, reste indispensable.

Paris XV Champ de Mars – Dernier étage avec balcon et vue Tour Eiffel. Prix : 2 495 000 € HAI
Les points de vigilance
Le jour de l’acte, le prix est versé sur le compte du notaire. Celui-ci règle l’impôt sur la plus-value, un éventuel prêt en cours et les sommes dues au syndic, puis vous vire le solde, en France ou à l’étranger.
Quelques précautions s’imposent :
- Confirmer vos coordonnées bancaires par téléphone avec l’étude, pour vous prémunir contre les fraudes au changement de RIB
- Préparer à l’avance pièce d’identité et justificatif de domicile, pour les vérifications de conformité du notaire
- Résilier les contrats d’énergie, d’assurance et d’internet à la date de l’acte
- Prévoir la remise des clés à l’acquéreur par votre agence
Une approche rigoureuse permet d’éviter toute mauvaise surprise.
Un accompagnement sur mesure
Vendre à distance ne doit jamais signifier vendre à l’aveugle.
Chez Marc Foujols, nous accompagnons depuis 40 ans une clientèle internationale exigeante. Pour nos vendeurs installés hors de France, nous sommes vos yeux et vos mains sur place : estimation présentée en visioconférence, gestion des clés et des visites, diffusion ciblée ou confidentielle auprès de nos acquéreurs français et internationaux, coordination avec le notaire, le représentant fiscal et le syndic.
Notre rôle ne se limite pas à trouver un acquéreur. Il consiste à sécuriser chaque étape de votre vente, où que vous soyez.
👉 Vous envisagez de vendre votre bien depuis l’étranger ? Contactez nos équipes pour un échange personnalisé.
FAQ – Vos questions sur la vente depuis l’étranger
1. Faut-il revenir en France pour vendre son appartement ?
Non. L’avant-contrat peut être signé électroniquement et l’acte authentique par procuration. Celle-ci peut elle-même être signée à distance, par visioconférence avec le notaire, au consulat ou devant un notaire local.
2. Quel est le taux d’imposition de la plus-value pour un non-résident ?
En 2026, 19 % d’impôt sur le revenu, plus 7,5 % de prélèvements sociaux pour un affilié à un régime de sécurité sociale européen, suisse ou britannique, ou 17,2 % dans les autres cas. Une surtaxe s’ajoute au-delà de 50 000 € de plus-value imposable.
3. Mon ancienne résidence principale est-elle exonérée ?
Oui, si vous la vendez au plus tard le 31 décembre de l’année suivant votre départ et qu’elle n’a été ni louée ni prêtée entre-temps.
4. Un représentant fiscal est-il obligatoire ?
Seulement si la plus-value est imposable. Vous en êtes dispensé si vous résidez dans l’Union européenne ou l’EEE, si le prix ne dépasse pas 150 000 €, ou si la plus-value est exonérée par la durée de détention.
5. Le prix peut-il être viré sur un compte à l’étranger ?
Oui. Le notaire vire le solde sur le compte que vous lui indiquez, après paiement de l’impôt et des sommes dues.